Les nouveaux modes d'habiter des jeunes : entre quête du "chez soi", désir d'autonomie et re-cohabitations (parfois) subies

Soutenu par le CISN et la Fondation Nantes Université, un programme de recherche a été engagé afin de saisir les réalités du logement chez les jeunes et d’identifier des leviers d’action et d’amélioration de leur habitat.

Composée de sociologues, d’architectes et de socio-urbanistes, l’équipe de chercheurs concentre son étude sur le territoire de la CARENE (Saint-Nazaire agglomération), Sud Estuaire et Nantes Métropole.

Restitution étude le logement et les jeunes au CISN Elise Roy et Léo-Paul Baudet

Une première étape

Un premier volet exploratoire a fait l’objet d’une restitution mercredi 5 octobre dans les locaux du CISN à Trignac, en compagnie des étudiants et chercheurs de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes et de la Faculté de Sociologie, de membres de la CARENE, de Pornic agglo Pays de Retz, de la communauté de communes Sud Estuaire, des mairies de Sud Estuaire, de l’ADDRN (Agence d’Urbanisme de la région de Saint-Nazaire), du CISN et de la Fondation Nantes Université.
En voici quelques enseignements !

Mutations des besoins et accès au logement des jeunes

Le logement revêt une double dimension sociale et urbaine.
Avec des besoins de logement en hausse, souvent concentrés sur des marchés tendus (pôles d’emploi et pôles universitaires), les inégalités face au logement s’accroissent pour les jeunes. Un phénomène renforcé par la précarisation des statuts, l’allongement de la durée des études, et les cohabitations ou re-cohabitations subies.
Les façons d’habiter mutent, et c’est précisément l’objet de cette phase observatoire qualitative dont le but n’est ni d’être exhaustive ni représentative.

Qu’est-ce qu’un jeune ?

La tranche étudiée (18-29 ans), est un âge qui s’intercale entre adolescence et âge adulte, marqué par une vraie quête d’autonomie.
Une période marquée par trois éléments :
  • l’entrée sur le marché de l’emploi
  • la décohabitation
  • la mise en couple

Principaux enseignements de l’étude

Côté « jeunes », 16 jeunes ont été interviewés à Saint-Nazaire autour d’une grille d’entretien permettant d’identifier leurs trajectoires résidentielles (initiale et après la sortie du foyer familial), les modes d’habiter, leur rapport au logement.
Plusieurs modalités de logement ont été étudiées : logement seul en cité universitaire, logement en couple en résidence privée, colocation, cohabitation intergénérationnelle, en Kaps…
  • Un processus de passage à l’âge adulte allongé
  • Une autonomie mise à mal par certaines conditions de logement (cuisiner dans une kitchenette)
  • Une quête du « chez soi » chez les jeunes habitants, qui peut prendre des formes variées : désertion des cuisines communes trop impersonnelles, volonté de se réapproprier la décoration et les facilités dans des appartements partagés...
  • Des inégalités intergénérationnelles qui entraînent des tensions sur les petits logements (les jeunes se retrouvent en « compétition » avec des personnes âgées ou des personnes séparées)
Côté « acteurs », le logement des jeunes s’avère être un marché à vocation sociale investi par divers acteurs : les acteurs du logement des jeunes, les acteurs institutionnels et les acteurs privés.
  • Le paysage sur le territoire de la Carène montre un parc de logement privé tendu, avec un prix du foncier en hausse
  • Un engagement fort des travailleurs sociaux du territoire (CROUS, Associations).
  • Des temporalités imposées aux jeunes en inadéquation avec leurs parcours (nombreux T3 ou T4 vacants dans le parc locatif social mais une offre en petits logements insuffisante avec des temps d’attente moyen de 2 ans ; un parc de logement privé lui aussi tendu vs. des besoins pour les jeunes quasi immédiats)

Perspectives

Cette première photographie a ouvert plusieurs pistes et perspectives de prolongement de l’étude autour d’une deuxième séquence.
Parmi les enjeux à explorer :
  • Les colocations (dans le parc social et le parc privé) & cohabitations
  • Les nouvelles résidences spécifiques
  • L’optimisation du parc existant pour reconfigurer des logements en adéquation avec les besoins et réalités des jeunes
  • Les conditions de logement de population de jeunes tels que les saisonniers, les alternants